I. Répondre à un besoin culturel nouveau


Dans le monde de l’accompagnement, une
génération nouvelle d'usagers voit le jour : celle de
citoyens libres et responsables, en désir d’évolution,
de conscience, de sens et de mieux-être. Dans cette
quête, ils expriment le besoin de trouver une source
de réponse en eux-mêmes, mais ressentent parfois
le besoin d’être accompagnés par un professionnel.
Nous, praticiens, signataires de cette charte, désireux
de répondre à ce besoin nouveau, souhaitons définir
un cadre éthique auquel pourront se référer les
bénéfciaires de nos services et toutes les instances
ou institutions qui le désireraient.
Au-delà de cette nécessité d’éthique professionnelle,
cette charte pourrait poser les prémices d’une éthique
de la rencontre humaine.
La Déclaration universelle des Droits de l’Homme,
en tant que référence contemporaine des
comportements humains, en constitue les fondations
indiscutables.



II. Nos engagements en tant que signataires de la charte :


1) Diversité des approches :
Venant d’horizons divers avec des formes,
des expériences et pratiques variées, nous
savons que la diversité favorise la richesse de
l’accompagnement. Nous la considérons comme
nécessaire et reconnaissons aux accompagnants
et accompagnés, le droit de bénéficier pleinement
et librement de cette diversité dans le cadre de leur
responsabilité d’adulte.


2) Globalité :
Nous prenons en compte les équilibres complexes
de la personne dans sa réalité physique,
psychique et spirituelle.


3) Égalité :
Nous posons que les êtres que nous
accompagnons s’inscrivent dans un rapport
d’égalité avec nous-mêmes. Nous partons de
l’a priori que nous “ne savons pas à la place
de la personne”. Une interaction enrichissante
se manifeste entre notre expérience et ce dont
la personne nous rend témoin dans sa façon
d’expérimenter et de découvrir les ressources
déposées en elle par la vie. Chacun peut alors
apprendre de chacun.S'il n'est établi, ce rapport d'égalité est à
construire. Car il est l'un des prémices fondateurs
de notre condition humaine sur lequel peut grandir
la relation.
Il induit entre autre que la décision d'interrompre
un accompagnement est le fruit d'une décision
libre de la part de l'accompagné ou d'une concertation
où chacun est respecté.

 

 

4) Bienveillance, Liberté :
Notre pratique s’appuie sur une approche bienveillante
faite d’écoute, de compassion, de conseil ou de soins,
dans le respect majeur de la liberté de la conscience
et des sentiments de la personne.
Le respect de cette liberté implique que nos
propositions ou explications s’adaptent à chaque
béné?ciaire de façon à être assimilées et intégrées
par eux.
Nos pratiques (quelles qu’elles soient) nécessitent,
pour être mises en oeuvre, un accord dialogué et
accepté.
Les temps de maturation des étapes de
développement doivent être respectés.


5) L’accompagnant est en recherche constante :
Nous veillons à garder active et vivante la
dynamique nécessaire à l’accomplissement
de cette tâche, par tous les moyens de travail
sur nous-mêmes, de supervision, de formation,
d’ouverture aux autres et au monde correspondant
aux nécessités de notre parcours.
- Et dans le cas où l'accompagné, adulte et
responsable, accepte le changement de statut de
la relation, seule une relation humaine naturelle
peut-être poursuivie, hors contrat, hors d'un cadre
professionnel et d'une rémunération.


6) Autorité du professionnel de l’accompagnement :
Notre démarche se différencie de l’attitude “médicale”
impliquant un diagnostic, un pronostic, un traitement
prescrit par un "spécialiste" à un “patient".
Elle s’inscrit dans un domaine où la conscience, dans
son origine mystérieuse, est en constante relation
avec un “inconscient” (non limitatif dans sa définition).
Les praticiens s’engagent à la prise en compte
essentielle de cette difficulté/richesse de l’individualité
humaine.
En fonction de quoi... l’accompagnant s’applique à
n’exercer en aucune façon de pression physique,
biologique, psychique, morale ou spirituelle, induisant
une limitation de la volonté propre des bénéficiaires.
Par extension, il incite ses usagers à la vigilance
face à des mouvements, groupes ou individus qui ne
respecteraient pas cette éthique.


7) Secret professionnel :
Nous sommes tenus, dans le cadre du strict respect de
la loi, au secret professionnel. Nous nous engageons
à ne "parler" en aucun cas de nos bénéficiaires à
quiconque, sauf dans le cadre d'une supervision, ellemême
tenue au secret professionnel.


8) Pudeur, moeurs :

Nous posons comme proscrits et considérés
comme des passages à l'acte non justifiables par
de prétendus "mobiles thérapeutiques", les
manoeuvres de séduction affective ou sexuelle, les
attouchements, la relation sexuelle elle-même
dans le cadre de la relation d'accompagnement.
Dans tous ces cas, ces attitudes ne peuvent avoir
lieu sans rupture immédiate du contrat qui lie les
protagonistes et rend caduque la relation d'accompagnement
ou de soins.
Et, dans le cas où une relation authentiquement
humaine s'instaure entre l'accompagnant et
l'accompagné, elle ne peut avoir lieu que hors
contrat, hors du cadre professionnel et d'une
rémunération.

 

9) Implication émotionnelle :
Notre implication émotionnelle existe naturellement,
mais elle se veut toujours au service d’une meilleure
connaissance de nous-mêmes et de l’aide à apporter
objectivement, sans être orientée de façon captatrice
vers notre intérêt affectif ou pécuniaire.
- Cette attitude exige la vigilance du praticien sur
lui-même à se garder de ses propres projections,
attentes, désirs de puissance et par là, lorsque
nécessaire, à accepter une supervision confraternelle.
Le praticien se garde en particulier, de toute attitude à
prolonger la relation d’accompagnement ou de soin
à son profit.
- Ceci implique une bonne connaissance pratique et
vécue du jeu des transferts et contre-transferts. Ces
termes étant pris dans leur sens large et nouveau qui
veut que toute relation humaine quelle qu’elle soit,
comporte une dimension transférentielle.


10) Rémunération :
Nos tarifs sont clairement affichés au départ
avec des règles précises qui respectent
les intérêts de chacun. Ces tarifs sont
raisonnablement adaptés aux services fournis,
tout en tenant compte de nos besoins particuliers.
Ils sont définis en fonction d'un principe qui accorde la
priorité à l’intérêt culturel de l’activité sur les aspects de
marchandisation.


11) Selon ces objectifs, les praticiens ont la possibilité de se justifier en fonction de leurs capacités à accompagner.
Ces capacités peuvent être :
- acquises comme une extension intuitive et expérimentale d’une activité précédemment validée par un parcours universitaire.
- acquises par connaissances et expériences reçues dans un cadre structuré pour transmettre la pratique en question
- acquises par connaissances et expériences reçues de personnes expérimentées,
- acquises par connaissances et expériences autodidactes confrontées à d’autres,
- innées, puis développées, confrontées, au gré des parcours de vie et de rencontres des praticiens,
A ) Les signataires reconnaissent par expérience qu’aucun diplôme seul, aussi brillant soit-il, sans pratique expérientielle spécifique, ne suffit à conférer à quiconque la qualité de professionnel de
l’accompagnement et du mieux-être.
B) La Justice, française ou européenne, sert d’arbitrage éventuel en cas de litige entre un signataire et une personne bénéfciaire de son
aide. Pour les signataires de cette charte, l’absence de diplôme universitaire n’est pas un argument suffisant pour disqualifier un praticien. Il est possible de s’appuyer sur cette charte pour répartir
les responsabilités.


Charte des professionnels du champ psy et du développement personnel
“Accompagner par l'éthique”®
15/02/2007

NOM :         MARBEAU
Prénom :     ERIC
Profession : CONSEIL EN COMMUNICATION ET RELATIONS PUBLIQUES